Allez, je viens un brin plomber l’ambiance de ces quelques heures qui nous séparent de la nouvelle année. Après tout, je m’autorise à être ce que je suis.
Je n’attends rien.
Je ne cherche rien.
Je vis, ressens et j’ose en parler.
Je refuse la superficialité de notre époque et du politiquement correct.
Pourquoi la vérité est-elle aussi taboue ?
Je vous concède que mes vérités ne sont peut-être pas les vôtres. Mais peut-être sont-elles aussi vôtres… et vous n’avez pas envie de les entendre pour éviter votre questionnement interne.
Oui, vous savez celui qui fait du bruit, qui joue avec notre mental et qui révolutionne notre sommeil.
Vous préférez sans doute ne pas poursuivre votre lecture et vous ne serez pas bannis pour autant.
Publier c’est aussi prendre le risque de ne pas être lue ou encore de ne pas plaire.
Que m’importe !
J’écris pour désarçonner le petit hamster qui cherche à courir de plus en plus vite dans la roue infinie de mes pensées.
Ecrire, c’est aussi partager et sentir que je fais partie de la communauté des humains sensibles et à l’écoute de son prochain.
Bref ! Revenons à ce texte qui n’explique pas comment sauver le monde.
Mais il raconte comment je tente de ne pas m’y perdre.
Adepte de la solitude, le brouhaha extérieur m’agresse.
Face à cette impuissance profonde et collective, je renonce à suivre les actualités telles qu’elles nous sont proposées sur les réseaux, les médias mainstream, les magazines et autres canaux d’information.
Je m’apparente plutôt à un papillon qui survole les infos pour éviter la glue toxique de notre époque.
Une fois de temps en temps, je m’arrête au café du coin pour lire le journal local qui traîne sur la table.
Quelquefois, j’ose regarder et écouter des vidéos qui m’informent grossièrement de l’état du monde ou quelques replays d’une émission littéraire que j’affectionnais.
Depuis longtemps, j’ai compris qu’en lisant, l’état du monde se révèle aussi à nous.
La vie est parsemée de choix qui nous guident à traverser les saisons comme les époques.
Les livres aussi parlent de l’avenir.
Les livres nous transmettent comment survivre dans ce monde de fous.
Les livres nous font rêver et nous offrent un sas de décompression.
Mais il est bon aussi de lever le nez pour prendre la température géopolitique autrement et s’ajuster au collectif un instant. Cela permet de faire le choix de la solitude sans se sentir exclue du monde.
Alors voilà ! Depuis quelque temps, je réécoute les nouvelles. Je capte certains messages qui ne nous annoncent pas une année 2026 aussi flamboyante que les précédentes, si tant est que les prédictions anciennes nous promettaient un avenir radieux à chaque Happy New Year, mais elles projetaient un rayon de lumière qui permettait l’espoir.
Cette année 2025 a été pour beaucoup un terrain d’initiation à des perspectives pas toujours optimistes. Quelques spiritualistes et quelques astrologues font état d’une fin de cycle. La fin d’une façon de vivre et une préparation à ce qui vient semblerait-il.
Si je reste figée sur ces nouvelles, j’entends que le monde va mal.
Le monde se perd.
L’humain s’appauvrit.
Vivre est difficile.
Les réseaux et le système d’information sur les actualités sont pollués par des fake news et il nous faut revenir à un mode de vie plus introspectif, plus en accord avec notre vraie nature humaine.
Le monde s’échauffe, s’embrase et brûle comme pour confirmer que le renouveau passe par le Chaos.
Vous la voyez celle qui plombe l’ambiance avec sa morosité, sa grisaille mentale…
Ben oui ! je suis comme vous. Une humaine qui se démène à vivre sa vie du mieux qu’elle peut.
Alors ce matin, je vous écris comme je me confierais à une amie qui a disparu il y a longtemps.
Je vous écris parce que l’écriture est une nécessité même quand elle raconte des choses pas confortables.
Et pour ce faire, j’écoute de la musique classique, ainsi j’évite les paroles et le bruit des hommes.
A défaut de pouvoir vous raconter une histoire romanesque et flamboyante, je fais appel à mes souvenirs quand j’ai plongé au cœur d’histoires d’une autre époque pour oublier ce présent troublant.
J’ai navigué entre Une saison à Copenhague de Karen Blixen et le mythe de Circé revisité par Madeline Miller.
Autant de lectures qui me transportent ailleurs mais pas forcément dans des mondes plus beaux. La cruauté humaine y fait rage et la superficialité domine.
Mais ce qui est sûr en revanche, c’est que pendant ce temps de lecture, je rêve, j’invente ce que les auteurs ne disent pas.
Je me questionne sur ce que j’aurais fait à la place des personnages.
Je m’invente un autre possible à ma vie et mon cœur repalpite sans la peur des lendemains qui déchantent.
Je me confronte à mes ressentis et je fais des choix entre ce qui m’agresse et ce que j’aime à vivre.
Je ne me soumets plus à ce temps qui nous impose son rythme, sa cadence de production et qui sclérose le sens de la vie.
Quelle que soit la position dans laquelle nous nous ancrons, elle infuse une quête de sens.
Privilégier l’extérieur comme condition première de notre quotidien n’est que projection de frustrations que l’on fuit.
Notre chimie interne se désorganise pour s’adapter à un système malade qui devient tyrannique.
L’ego se gorge des peurs auxquelles nous nous soumettons inconsciemment en collant aux besoins illusoires du monde dans lequel nous vivons tous.
J’entends ceux qui vont se dire qu’ils ne sont pas concernés et pourtant nous le sommes tous.
Albert Camus, dans « l’Homme révolté », dit :
Nous sommes tous condamnés car nous sommes tous coupables.
Aujourd’hui, de quoi pouvons-nous être condamnés ? Si ce n’est de notre condition d’humains qui jouent à s’en extraire de mille et une façons.
Et de quoi sommes-nous coupables ? de cette fuite en avant qui nous fait courir après le temps et lui résister.
Voilà le paradoxe dans lequel nous sommes tous pris au piège.
Alors que faire me direz-vous ?
Je n’ai aucune solution miracle. Je n’ai que la mienne.
Celle de regarder la vie, le monde et ce qu’il produit avec le plus de détachement possible.
Écrire quand tout déborde.
Lire quand le monde hurle.
Ralentir et apprendre, pas à pas, à danser avec la vie, sans bouclier.
Etheyas Soeren,
La femme qui reprend sa voix.
PS : Et si vous m’avez lu jusque là : je vous souhaite une très belle fin d’année et un grand Youpi! pour accueillir la nouvelle!